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Trauma complexe: Apport de l'Hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN



Revue Hypnose & Thérapies brèves n°49


Dans un article précédent, nous avons présenté les limitations de l’utilisation de l’hypnose avec les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C). Cet article va maintenant présenter les techniques hypnothérapeutiques utiles voire indispensables avec ces patients, en particulier lors de la phase 1 du traitement, phase dédiée à la stabilisation, la réduction des symptômes et l’apprentissage de la régulation des affects.
Ces patients nécessitent un traitement intégratif dans lequel l’hypnose tient une place de choix.

L’ACCOMPAGNEMENT COMME ATTITUDE CENTRALE

Une attitude générale d’accompagnement (pacing) permet d’aller au rythme du patient sans dépasser ses capacités de régulation émotionnelle et en tenant compte de ses tendances à l’évitement. On peut alors observer que l’initiation au changement ne nécessite pas beaucoup d’intervention de la part du thérapeute ; elle vient directement du patient, donc à son rythme. Autre avantage : le patient se sent compris, ce qui renforce la relation thérapeutique ; il sent qu’il est respecté et non brusqué, ce qui évite de réactiver des mémoires traumatiques de type relationnel. Dans ce cadre le recours à la séquence d’acceptation (« yes set ») devient un standard dans le travail avec ces patients. Nous recommandons la séquence d’acceptation avec peu ou pas de reformulation, mais en répétant avec fidélité les mots du patient. Notre expérience montre que les patients ne sont pas perturbés par un effet « perroquet » lorsque c’est fait avec authenticité et compassion.

L’UTILISATION

Le principe d’utilisation (Erickson, 1959) est un autre concept central dans le travail avec les personnes souffrant de TSPT-C, en particulier celles les plus gravement atteintes. Considérer les symptômes du patient, même lorsqu’ils sont particulièrement gênants (pour le patient ou pour la thérapie), comme une ressource ou un message de l’inconscient est une approche quasiment subversive de nos jours où il s’agit avant tout de se débarrasser aussi vite que possible des symptômes sans forcément y rechercher un sens ou une logique. Mais lorsque le thérapeute décide d’écouter avec soin et d’utiliser certains symptômes de ces patients traumatisés, en fait il porte son attention sur les blessures qui peuvent se cacher derrière ces symptômes, ce que n’ont en général pas fait les proches du patient lorsqu’il était enfant. Il reconnaît ainsi la blessure. La relation thérapeutique s’en trouve ainsi renforcée. Les patients sévèrement traumatisés peuvent montrer une coopération difficile : ils rentrent ainsi dans la catégorie de patients pour laquelle Erickson considérait l’utilisation utile voire nécessaire. Nous observons que cette coopération difficile des patients est principalement due à la difficulté de faire confiance (causée par des trahisons parentales, par exemple) et parfois (aussi) par des échecs thérapeutiques précédents qui leur font craindre de futurs échecs. Ils peuvent avoir vécu ces échecs thérapeutiques aussi comme des trahisons lorsqu’on leur a vanté à tort ou avec trop d’emphase les effets positifs d’une méthode ou d’un traitement qui se sont finalement avérés sans le succès escompté.

LE LIEU SÛR

L’exercice du lieu sûr est un exercice de base. En psychotraumatologie c’est aussi un outil de diagnostic et d’indication thérapeutique. En demandant à un patient qui a vécu une insécurité constante ou régulière dans son enfance, quel lieu est pour lui synonyme de sécurité, on active d’emblée des mémoires traumatiques. On peut par contre lui demander de trou- ver un lieu synonyme de confort ou de sentiment agréable ou lieu synonyme d’apaisement. Certains patients ne peuvent s’imaginer un tel lieu, ce qui est signe d’un manque flagrant de sentiment de sécurité interne. D’autres patients ne peuvent s’imaginer un lieu qu’entourés de personnes connues bienveillantes ou d’animaux : cela révèle souvent des problèmes d’insécurité dans l’attachement précoce.



Rédigé le 7 Août 2018 à 13:18 | Lu 59 fois




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