Fortement médiatisées ou restées en lisière de l’actualité, on ne compte plus les affaires de violences, viols et agressions sexuelles par contrainte et soumission chimique. La plus retentissante étant sans doute l’affaire dite des « viols de Mazan » dont fut victime Gisèle Pelicot. Il est question dans cet article des victimes, de leurs traumas, leurs dissociations hypnotiques, et des voies thérapeutiques, comme la PTR, qui peuvent permettre au thérapeute de « faire fondre » la peur, dissiper les effets de la chimie et lever les résistances...
Les victimes de ce type de traumas sont nombreuses et passent souvent inaperçues dans les cabinets des psychothérapeutes.
Il faut donc apprendre à les reconnaître et savoir comment les traiter pour insensibiliser les contenus inconscients toujours actifs. Il est important que psychiatres, psychothérapeutes en général, policiers, magistrats, journalistes et grand public se rendent compte que ce n’est pas parce que l’on « dort » durant ces agressions sexuelles qu’elles ne laissent pas des traces traumatiques importantes.
C’est de fait tout le contraire qui se produit. Le corps n’oublie rien, mais surtout le corps capte, perçoit et enregistre directement à un niveau inconscient ce qui lui a été fait, alors que la personne ne sait pas consciemment ce qui lui est arrivé. Cette discordance conscient/inconscient explique que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui découle de ce type spécifique de viol est plus puissant, plus dommageable qu’un viol en toute conscience.
Selon mes observations, la symptomatologie est plus lourde que celle qu’entraînent les viols sans stupéfiant en raison sans doute du fait que tous les symptômes « habituels » du viol seront présents avec pour cause aggravante l’ignorance de ce qui en est la cause. Cet état extrêmement inquiétant ne peut être interprété par le patient que comme la preuve d’une folie grave, une perte de contrôle de soi due aux mécanismes dissociatifs mis en action. Ce type d’agression devrait être considéré, en san- té mentale comme en droit, de viol qualifié.
Ces agressions peuvent mener entre autres à des automutilations, des autodestructions à différents niveaux tels que abandon d’études, élimination des relations saines ou pervertissement de celles-ci, abandons professionnels, familiaux, et assez fréquemment aussi au sui- cide. Avec ceci de particulier que la victime ne comprend pas ce qui la pousse à ces actes et qu’elle s’en sent responsable. Ces sentiments de responsabilité, de culpabilité et de honte sont pourtant typiques du changement cognitif qui résulte de tout trauma ou SSPT.
« Les victimes de traumas sont dissociées »
Voilà le mantra des médias, du grand public et même des thérapeutes non formés à l’hypnose. Mais comment se fait-il qu’elles soient dissociées ? Est-ce par le fait de l’hypnose, mal aimée, mal comprise et toujours méconnue ? C’est tout le contraire ! On n’hypnotise pas la victime de SSPT, on la sort de l’hypnose négative et des phénomènes hypnotiques dissociatifs avec lesquels elle reste dissociée depuis l’incident traumatique.
En thérapie, il est préférable de considérer que l’hypnose n’est pas le fruit de la suggestion, mais de l’usage de l’imaginaire ou de la mé- moire du patient. En cas de choc émotionnel, les phénomènes hypnotiques nous viennent en aide « spontanément » pour nous protéger. On assiste alors à l’apparition d’un véritable carnaval de phénomènes hypnotiques que j’appelle « protections dissociatives ». Après les incidents traumatiques, ces phénomènes vont se transformer en symptômes dissociatifs, d’où le fameux mantra « les victimes de traumas sont dissociées ».
PRÉAMBULE
Le travail dit d’hypnothérapie dans le traitement des traumas ou plus précisément des SSPT ne consiste donc pas à « hypnotiser » le patient, il l’est déjà et c’est de cela dont il souffre. Le thérapeute doit, en fait, sortir la personne de cette hypnose qui s’est imposée à lui et qui persiste. De plus, c’est la persistance de « l’enregistrement mnésique » (kinésique, visuel, auditif, olfactif, gustatif) du souvenir souvent inatteignable consciemment, parce que dissocié, qui prolonge les souffrances, les symptômes.
En effet, avec le constat de l’apparition des « protections dissociatives » lors des incidents traumatiques, force est de constater que le travail du thérapeute – qui ne peut ignorer ce qu’il est convenu d’appeler l’hypnose – consiste à éliminer les dissociations hypnotiques dans lesquelles les personnes continuent de vivre depuis l’incident et de leur permettre de réassocier les différents éléments du souvenir. Le SSPT est donc l’évitement prolongé dans le temps des différents éléments « enregistrés inconsciemment » ou « dissociés » de l’incident traumatique aux moyens des phénomènes hypnotiques initialement protecteurs.
Dans les cas de viols avec stupéfiant, la difficulté est double en raison de l’amnésie provoquée par la chimie spécifique des produits utilisés : GHB, kétamine, benzodiazépine, alcool, etc., et de l’amnésie hypnotique protectrice qui s’est développée devant la peur de mourir, sentiment créé par l’engourdissement généralisé dû aux effets de la chimie absorbée sans en être conscient.
1. La détection de l’usage d’un stupéfiant
C’est bien sûr un point essentiel pour le travail. Dans certains cas, l’usage de stupéfiants est connu.
• Situation n° 1 : prenons le cas de la personne qui s’est réveillée chez un homme qui, « gentleman », lui a préparé un petit déjeuner, lui « rappelle » qu’elle lui avait exprimé, dans la boîte de nuit où ils s’étaient rencontrés, son souhait d’avoir des rapports sexuels. Le travail thérapeutique permet de retrouver qu’il n’en était rien mais que, droguée, elle s’est effondrée et ne se souvenait de rien. Le travail peut également permettre de retrouver des situations de viols multiples.
• Situation n° 2 : dans le cas suivant, la connaissance des états modifiés de conscience a permis d’éluder l’hypothèse de psychose, de suspecter l’usage d’une drogue et d’aller travailler directement au niveau inconscient pour retrouver les faits et désensibiliser les souvenirs retrouvés.
Un de mes premiers cas de ce type (vers 1989) est celui d’une jeune femme, internée en psychiatrie depuis deux mois. Elle recevait, injustement, le diagnostic de psychose et la pharmacopée habituellement prescrite dans ce cas. Un des symptômes qui était passé inaperçu était les mutilations vaginales avec un couteau qu’elle s’infligeait toutes les nuits sous la douche. Après avoir été découverte, durant un entretien à ce propos, elle s’est jetée (totalement dissociée et donc sans conscience de ce qui la poussait à faire cela) sous le bureau du psychiatre dans l’intention de lui faire une fellation, ce qui décida le psychiatre à faire appel à moi, hypnothérapeute.
A l’époque, cette discipline que j’avais introduite en Belgique en 1984 était encore suspecte et avait subi l’anathème lancé par Sigmund Freud et Jacques Lacan. Une séance unique permit à l’adolescente de 16 ans de re- trouver que son professeur avait organisé un « drink » de fin d’année dans un bistrot avec quelques élèves de sa classe et, de connivence avec le tenancier de l’établissement qui avait fourni une chambre, ils s’étaient succédé pour violer la jeune femme. Dans la toute grande majorité des cas, la détection est beaucoup plus difficile.
S’il n’y a pas la connaissance qu’un stupéfiant a été utilisé, le respect des points suivants sera un moyen efficace pour confirmer ou infirmer l’hypothèse d’usage d’une drogue et donc de travailler en conséquence.
2. Attention à l’objectif logique et normal du thérapeute et du patient : retrouver les souvenirs enfouis, responsables des symptômes
Dans le retraitement des traumas en général, l’objectif du thérapeute est de retrouver et d’apaiser les éléments et souvenirs dissociés aux moyens de l’amnésie, de la psychosomatique, de l’hébétude, de l’impression d’inventer et autres protections hypnotiques dissociatives.
Particulièrement dans les cas qui nous concernent ici, le thérapeute, en voulant aller trop vite pour retrouver les souvenirs, c’est- à-dire en se focalisant trop longuement sur l’apparition du souvenir, va involontairement et paradoxalement ralentir la procédure en réveillant la souffrance. Même si cette souffrance n’apparaît pas encore consciemment, l’inconscient qui protège toujours le patient va renforcer les dissociations qu’il utilise déjà, comme par exemple l’anesthésie émotionnelle. A l’inverse, le thérapeute peut de- mander au patient d’intensifier cette anesthésie et éventuellement d’autres « protections dissociatives ». Attention, grâce à ce moyen le retour des émotions peut être rapide.
3. L’axe central du travail de « la rampe » : est constitué par les souvenirs des sensations de drogues qui réapparaissent progressivement.
Ces sensations seront constamment utilisées comme guides pour favoriser le retour des souvenirs. Pourquoi l’expression « la rampe » ? En analogie avec la rampe d’escalier qui sert de guide dans l’obscurité. Les patients sont le plus souvent inconscients de ce qui s’est passé, par contre il leur reste des sensations dues aux drogues qui sont à la base du trauma principal : la sensation de mourir qui survient du fait de perdre le contrôle de soi. Ce sont donc ces sensations qui, amplifiées, vont permettre les levées d’amnésies progressives : a. le manque de force (mollesse) ;
b. les sensations d’anesthésie généralisée ;
c. les sons étouffés ;
d. la bouche « pâteuse » (parfois un goût d’opiacé).
En invitant le patient à se focaliser sur ces quatre sensations et en lui demandant de les intensifier, il sera rassuré grâce à la maîtrise qu’il commence à obtenir sur ses perceptions. En PTR, on explique au patient le pourquoi des demandes qui lui sont faites, comme celle d’augmenter les sensations de drogues pour les maîtriser, d’intensifier les protections dissociatives (qui se confondent avec les sensations de drogue) pour le ramener au cœur du trauma pour s’en servir comme anesthésiant, etc.
En suivant le chemin des sensations enregistrées suite à l’ingestion de drogues, la « rampe » ramène les souvenirs qui peuvent alors apparaître, souvent progressivement, parfois très rapidement. Le moindre conte- nu de retour du refoulé (images, sensations, émotions, etc.) sera rapidement soumis aux transformations au moyen de « changer n’importe quoi » à l’utilisation des protections dissociatives, aux indispensables pauses et « nettoyages » des sensations de drogue qui s’effectue grâce aux sensations du souvenir agréable vivifiant, et l’utilisation de la résistance permettra d’affiner et de transformer ce qui apparaît comme « les bonnes raisons » de ne pas changer, de ne pas oser découvrir la suite du souvenir.
4. Changer n’importe quoi (en accord avec le patient)
Pour lire la suite...
Les victimes de ce type de traumas sont nombreuses et passent souvent inaperçues dans les cabinets des psychothérapeutes.
Il faut donc apprendre à les reconnaître et savoir comment les traiter pour insensibiliser les contenus inconscients toujours actifs. Il est important que psychiatres, psychothérapeutes en général, policiers, magistrats, journalistes et grand public se rendent compte que ce n’est pas parce que l’on « dort » durant ces agressions sexuelles qu’elles ne laissent pas des traces traumatiques importantes.
C’est de fait tout le contraire qui se produit. Le corps n’oublie rien, mais surtout le corps capte, perçoit et enregistre directement à un niveau inconscient ce qui lui a été fait, alors que la personne ne sait pas consciemment ce qui lui est arrivé. Cette discordance conscient/inconscient explique que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui découle de ce type spécifique de viol est plus puissant, plus dommageable qu’un viol en toute conscience.
Selon mes observations, la symptomatologie est plus lourde que celle qu’entraînent les viols sans stupéfiant en raison sans doute du fait que tous les symptômes « habituels » du viol seront présents avec pour cause aggravante l’ignorance de ce qui en est la cause. Cet état extrêmement inquiétant ne peut être interprété par le patient que comme la preuve d’une folie grave, une perte de contrôle de soi due aux mécanismes dissociatifs mis en action. Ce type d’agression devrait être considéré, en san- té mentale comme en droit, de viol qualifié.
Ces agressions peuvent mener entre autres à des automutilations, des autodestructions à différents niveaux tels que abandon d’études, élimination des relations saines ou pervertissement de celles-ci, abandons professionnels, familiaux, et assez fréquemment aussi au sui- cide. Avec ceci de particulier que la victime ne comprend pas ce qui la pousse à ces actes et qu’elle s’en sent responsable. Ces sentiments de responsabilité, de culpabilité et de honte sont pourtant typiques du changement cognitif qui résulte de tout trauma ou SSPT.
« Les victimes de traumas sont dissociées »
Voilà le mantra des médias, du grand public et même des thérapeutes non formés à l’hypnose. Mais comment se fait-il qu’elles soient dissociées ? Est-ce par le fait de l’hypnose, mal aimée, mal comprise et toujours méconnue ? C’est tout le contraire ! On n’hypnotise pas la victime de SSPT, on la sort de l’hypnose négative et des phénomènes hypnotiques dissociatifs avec lesquels elle reste dissociée depuis l’incident traumatique.
En thérapie, il est préférable de considérer que l’hypnose n’est pas le fruit de la suggestion, mais de l’usage de l’imaginaire ou de la mé- moire du patient. En cas de choc émotionnel, les phénomènes hypnotiques nous viennent en aide « spontanément » pour nous protéger. On assiste alors à l’apparition d’un véritable carnaval de phénomènes hypnotiques que j’appelle « protections dissociatives ». Après les incidents traumatiques, ces phénomènes vont se transformer en symptômes dissociatifs, d’où le fameux mantra « les victimes de traumas sont dissociées ».
PRÉAMBULE
Le travail dit d’hypnothérapie dans le traitement des traumas ou plus précisément des SSPT ne consiste donc pas à « hypnotiser » le patient, il l’est déjà et c’est de cela dont il souffre. Le thérapeute doit, en fait, sortir la personne de cette hypnose qui s’est imposée à lui et qui persiste. De plus, c’est la persistance de « l’enregistrement mnésique » (kinésique, visuel, auditif, olfactif, gustatif) du souvenir souvent inatteignable consciemment, parce que dissocié, qui prolonge les souffrances, les symptômes.
En effet, avec le constat de l’apparition des « protections dissociatives » lors des incidents traumatiques, force est de constater que le travail du thérapeute – qui ne peut ignorer ce qu’il est convenu d’appeler l’hypnose – consiste à éliminer les dissociations hypnotiques dans lesquelles les personnes continuent de vivre depuis l’incident et de leur permettre de réassocier les différents éléments du souvenir. Le SSPT est donc l’évitement prolongé dans le temps des différents éléments « enregistrés inconsciemment » ou « dissociés » de l’incident traumatique aux moyens des phénomènes hypnotiques initialement protecteurs.
Dans les cas de viols avec stupéfiant, la difficulté est double en raison de l’amnésie provoquée par la chimie spécifique des produits utilisés : GHB, kétamine, benzodiazépine, alcool, etc., et de l’amnésie hypnotique protectrice qui s’est développée devant la peur de mourir, sentiment créé par l’engourdissement généralisé dû aux effets de la chimie absorbée sans en être conscient.
1. La détection de l’usage d’un stupéfiant
C’est bien sûr un point essentiel pour le travail. Dans certains cas, l’usage de stupéfiants est connu.
• Situation n° 1 : prenons le cas de la personne qui s’est réveillée chez un homme qui, « gentleman », lui a préparé un petit déjeuner, lui « rappelle » qu’elle lui avait exprimé, dans la boîte de nuit où ils s’étaient rencontrés, son souhait d’avoir des rapports sexuels. Le travail thérapeutique permet de retrouver qu’il n’en était rien mais que, droguée, elle s’est effondrée et ne se souvenait de rien. Le travail peut également permettre de retrouver des situations de viols multiples.
• Situation n° 2 : dans le cas suivant, la connaissance des états modifiés de conscience a permis d’éluder l’hypothèse de psychose, de suspecter l’usage d’une drogue et d’aller travailler directement au niveau inconscient pour retrouver les faits et désensibiliser les souvenirs retrouvés.
Un de mes premiers cas de ce type (vers 1989) est celui d’une jeune femme, internée en psychiatrie depuis deux mois. Elle recevait, injustement, le diagnostic de psychose et la pharmacopée habituellement prescrite dans ce cas. Un des symptômes qui était passé inaperçu était les mutilations vaginales avec un couteau qu’elle s’infligeait toutes les nuits sous la douche. Après avoir été découverte, durant un entretien à ce propos, elle s’est jetée (totalement dissociée et donc sans conscience de ce qui la poussait à faire cela) sous le bureau du psychiatre dans l’intention de lui faire une fellation, ce qui décida le psychiatre à faire appel à moi, hypnothérapeute.
A l’époque, cette discipline que j’avais introduite en Belgique en 1984 était encore suspecte et avait subi l’anathème lancé par Sigmund Freud et Jacques Lacan. Une séance unique permit à l’adolescente de 16 ans de re- trouver que son professeur avait organisé un « drink » de fin d’année dans un bistrot avec quelques élèves de sa classe et, de connivence avec le tenancier de l’établissement qui avait fourni une chambre, ils s’étaient succédé pour violer la jeune femme. Dans la toute grande majorité des cas, la détection est beaucoup plus difficile.
S’il n’y a pas la connaissance qu’un stupéfiant a été utilisé, le respect des points suivants sera un moyen efficace pour confirmer ou infirmer l’hypothèse d’usage d’une drogue et donc de travailler en conséquence.
2. Attention à l’objectif logique et normal du thérapeute et du patient : retrouver les souvenirs enfouis, responsables des symptômes
Dans le retraitement des traumas en général, l’objectif du thérapeute est de retrouver et d’apaiser les éléments et souvenirs dissociés aux moyens de l’amnésie, de la psychosomatique, de l’hébétude, de l’impression d’inventer et autres protections hypnotiques dissociatives.
Particulièrement dans les cas qui nous concernent ici, le thérapeute, en voulant aller trop vite pour retrouver les souvenirs, c’est- à-dire en se focalisant trop longuement sur l’apparition du souvenir, va involontairement et paradoxalement ralentir la procédure en réveillant la souffrance. Même si cette souffrance n’apparaît pas encore consciemment, l’inconscient qui protège toujours le patient va renforcer les dissociations qu’il utilise déjà, comme par exemple l’anesthésie émotionnelle. A l’inverse, le thérapeute peut de- mander au patient d’intensifier cette anesthésie et éventuellement d’autres « protections dissociatives ». Attention, grâce à ce moyen le retour des émotions peut être rapide.
3. L’axe central du travail de « la rampe » : est constitué par les souvenirs des sensations de drogues qui réapparaissent progressivement.
Ces sensations seront constamment utilisées comme guides pour favoriser le retour des souvenirs. Pourquoi l’expression « la rampe » ? En analogie avec la rampe d’escalier qui sert de guide dans l’obscurité. Les patients sont le plus souvent inconscients de ce qui s’est passé, par contre il leur reste des sensations dues aux drogues qui sont à la base du trauma principal : la sensation de mourir qui survient du fait de perdre le contrôle de soi. Ce sont donc ces sensations qui, amplifiées, vont permettre les levées d’amnésies progressives : a. le manque de force (mollesse) ;
b. les sensations d’anesthésie généralisée ;
c. les sons étouffés ;
d. la bouche « pâteuse » (parfois un goût d’opiacé).
En invitant le patient à se focaliser sur ces quatre sensations et en lui demandant de les intensifier, il sera rassuré grâce à la maîtrise qu’il commence à obtenir sur ses perceptions. En PTR, on explique au patient le pourquoi des demandes qui lui sont faites, comme celle d’augmenter les sensations de drogues pour les maîtriser, d’intensifier les protections dissociatives (qui se confondent avec les sensations de drogue) pour le ramener au cœur du trauma pour s’en servir comme anesthésiant, etc.
En suivant le chemin des sensations enregistrées suite à l’ingestion de drogues, la « rampe » ramène les souvenirs qui peuvent alors apparaître, souvent progressivement, parfois très rapidement. Le moindre conte- nu de retour du refoulé (images, sensations, émotions, etc.) sera rapidement soumis aux transformations au moyen de « changer n’importe quoi » à l’utilisation des protections dissociatives, aux indispensables pauses et « nettoyages » des sensations de drogue qui s’effectue grâce aux sensations du souvenir agréable vivifiant, et l’utilisation de la résistance permettra d’affiner et de transformer ce qui apparaît comme « les bonnes raisons » de ne pas changer, de ne pas oser découvrir la suite du souvenir.
4. Changer n’importe quoi (en accord avec le patient)
Pour lire la suite...
Gérald Brassine
Psychothérapeute, formateur en hypnose et thérapie brève. Fondateur de l’Institut Milton H. Erickson de Belgique (1984). Formations décisives auprès de P. Watzlawick, J. Weakland, R. Fisch, N. Cummings et Kay Thompson. Créateur de l’Hypnose conversationnelle stratégique-PTR. Auteur de Faut-il parler de ça aux enfants ? Prévenir, détecter et gérer les abus sexuels subis par les enfants ; La vengeance du Jaguar ; Pour une intervention écologique dans le cadre de l’inceste...
Pour lire la suite de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 80: Fev. / Mars / Avril. 2026.
TRAUMATISMES.
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°80…
6 / Éditorial : L’importance d’aller dans le sens de la résistance Julien Betbèze.
8 / En couverture : Mikhaël Allouche & Ana Waalder. Le récit alternatif Interview par Sophie Cohen.
12 / Faire face à une situation réputée difficile Donner du temps au temps Jacques-Antoine Malarewicz.
20 / Le vide, l’inspiration, la vacuité. Exemples d’intervention en thérapie systémique et stratégique brève. Nathalie Koralnik.
30 / Deuil en thérapie narrative. « Bonjour Papi Georges » Stéphanie Robert.
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
40 / Introduction Gérard Ostermann.
44 / La perte en gériatrie. Miroir d’un effondrement psychique. Johanna Rabinovici.
DOSSIER TRAUMATISMES
55 / Levée d’amnésie traumatique.« Ranger sa bibliothèque lorsque les souvenirs reviennent ». Cécile Condaminas.
62 / Endométriose post-traumatique Libérer les sujets du pouvoir du monde traumatique avec la TLMR. Éric Bardot.
74 / Viols et abus sexuels avec usage de stupéfiants Traitement avec la PTR Gérald Brassine.
QUIPROQUO
84 / Difficile. S. Colombo, Muhuc.
BONJOUR ET APRÈS...
88 / Madeleine. Sa vie bouleversée après les soins d’un cancer. Sophie Cohen.
CULTURE MONDE
92 / Au Vietnam, dans la chambre des âmes. Sylvie Le Pelletier- Beaufond.
LIVRES EN BOUCHE
96 / J. Betbèze, S. Cohen.
Illustrations du numéro: Mikhael Allouche et Ana Waalder.
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°80…
6 / Éditorial : L’importance d’aller dans le sens de la résistance Julien Betbèze.
8 / En couverture : Mikhaël Allouche & Ana Waalder. Le récit alternatif Interview par Sophie Cohen.
12 / Faire face à une situation réputée difficile Donner du temps au temps Jacques-Antoine Malarewicz.
20 / Le vide, l’inspiration, la vacuité. Exemples d’intervention en thérapie systémique et stratégique brève. Nathalie Koralnik.
30 / Deuil en thérapie narrative. « Bonjour Papi Georges » Stéphanie Robert.
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
40 / Introduction Gérard Ostermann.
44 / La perte en gériatrie. Miroir d’un effondrement psychique. Johanna Rabinovici.
DOSSIER TRAUMATISMES
55 / Levée d’amnésie traumatique.« Ranger sa bibliothèque lorsque les souvenirs reviennent ». Cécile Condaminas.
62 / Endométriose post-traumatique Libérer les sujets du pouvoir du monde traumatique avec la TLMR. Éric Bardot.
74 / Viols et abus sexuels avec usage de stupéfiants Traitement avec la PTR Gérald Brassine.
QUIPROQUO
84 / Difficile. S. Colombo, Muhuc.
BONJOUR ET APRÈS...
88 / Madeleine. Sa vie bouleversée après les soins d’un cancer. Sophie Cohen.
CULTURE MONDE
92 / Au Vietnam, dans la chambre des âmes. Sylvie Le Pelletier- Beaufond.
LIVRES EN BOUCHE
96 / J. Betbèze, S. Cohen.
Illustrations du numéro: Mikhael Allouche et Ana Waalder.
EMDR Intégrative (EMDR IMO) VS PTR ou... bonnet blanc et blanc bonnet ?
Les thérapeutes formés aux deux approches, (la PTR et l’EMDR intégrative) semblent partager le même constat: les mêmes fondations cliniques !
Ces deux approches travaillent la dissociation, la régulation émotionnelle, la sécurité intérieure, le tiers sécur.
Elles privilégient toutes deux une approche globale, intégrant le corps, les émotions et les cognitions.
Le thérapeute s’ajuste au rythme du patient, sans forçage du souvenir traumatique.
De plus, l’objectif est identique : réintégrer l’expérience et restaurer le mouvement psychique par le Traitement Adaptatif de l'Information (TAI).
Sur le terrain, les outils et les logiques d’intervention apparaissent largement superposables.
Au fond, plus qu’une réelle différence, il s’agit surtout d’une variation de langage et de cadre (entre la France et la Belgique).
Alors, derrière les sigles, les écoles et les labels, ce sont souvent les mêmes enjeux qui traversent les pratiques. Et parfois, les mêmes gestes thérapeutiques, simplement nommés autrement.
Alors une question nous vient à l'esprit: pourquoi nos cousins belges ont-ils eu besoin de renommer ce qui se faisait déjà en EMDR IMO ?
Ces deux approches travaillent la dissociation, la régulation émotionnelle, la sécurité intérieure, le tiers sécur.
Elles privilégient toutes deux une approche globale, intégrant le corps, les émotions et les cognitions.
Le thérapeute s’ajuste au rythme du patient, sans forçage du souvenir traumatique.
De plus, l’objectif est identique : réintégrer l’expérience et restaurer le mouvement psychique par le Traitement Adaptatif de l'Information (TAI).
Sur le terrain, les outils et les logiques d’intervention apparaissent largement superposables.
Au fond, plus qu’une réelle différence, il s’agit surtout d’une variation de langage et de cadre (entre la France et la Belgique).
Alors, derrière les sigles, les écoles et les labels, ce sont souvent les mêmes enjeux qui traversent les pratiques. Et parfois, les mêmes gestes thérapeutiques, simplement nommés autrement.
Alors une question nous vient à l'esprit: pourquoi nos cousins belges ont-ils eu besoin de renommer ce qui se faisait déjà en EMDR IMO ?